Plan d’Action Régional en faveur des Réfugiés de la RDC en Zambie

Plan d'Action Régional en faveur des Réfugiés de la RDC en Zambie

Le lancement du Plan d’Action Régional en faveur des Réfugiés de la RDC en Zambie s’est tenu le 23 mai à Lusaka, organisé par le Haut-Commissariat des réfugiés du Ministère des Affaires Intérieures et l’UNHCR, en présence du Ministre zambien des Affaires Intérieures.

Contexte

La situation en RDC est une des crises actuelles les plus complexes dans le monde. Avec 4,5 millions de personnes déplacés et 740 000 réfugiés congolais à travers le continent Africain, la crise humanitaire est majeure et la situation ne cesse de se détériorer depuis 2017.

Les réfugiés fuient en majorité dans les pays limitrophes (Angola, Ouganda, Burundi, Rwanda, Tanzanie, République du Congo, Zambie), l’Angola, l’Ouganda et la Zambie étant les trois pays ayant reçu l’afflux le plus important depuis 2017.

Il y a actuellement 42 321 réfugiés congolais en Zambie, dont 76% sont des femmes et des enfants. La moitié, soit 20 591 réfugiés, est arrivée en Zambie entre janvier 2017 et mai 2018.
Bien que l’afflux de nouveaux arrivants ait diminué ces dernières semaines, les opérations se poursuivent en prévision d’un nouvel afflux en fin d’année causé par le processus électoral en RDC. Selon ces prévisions, le nombre de réfugiés en Zambie devrait atteindre 76 000 d’ici décembre 2018.

Le Plan d’Action Régional en faveur des Réfugiés de la RDC en Zambie présente la manière dont les différentes agences et organisations impliquées vont adresser cette crise humanitaire en prennant en compte la détérioration anticipée en vue des prochaines élections en RDC.

Tour à tour, les différents acteurs ont exposé la situation en Zambie : leurs accomplissements et leurs lacunes, leurs prévisions et leurs attentes.

Depuis août 2017, l’afflux de réfugiés venant de la RDC en Zambia n’a cessé d’accroitre. Fuyant les atrocités des zones de conflits de Pewo et de Moba, les réfugiés arrivent principalement dans les provinces de Luapula, Western et North-Western Province, en très mauvaises conditions.
Un grand nombre ont des besoins particuliers : orphelins, VIH, handicap, victime de violence sexuelle et basée sur le genre…

En janvier 2018, 14 540 réfugiés sont enregistrés dans le Kenani Transit Centre situé dans le district de Nchelenge (Luapula Province). Le camp, pouvant accueillir 15 000 personnes, a atteint sa pleine capacité en l’espace de 6 mois. Depuis avril, les réfugiés sont relocalisés du Kenani Transit Centre au Mantapala Refugee Settlement camp qui accueille actuellement 3 914 réfugiés.
La priorité pour les mois à venir est de consolider les services au Mantapala Refugee Settlement camp et de poursuivre la relocalisation des réfugiés, avec pour objectif une relocalisation complète d’ici juin 2018.

Les besoins sont urgents et spécifiques au continent Africain, pénalisé par un manque de ressources financières et humaines. Avec l’aide du gouvernement de la République de Zambie, des ONG, des agences onusiennes et de certaines ambassades, les opérations sont fructueuses, mais de nombreuses lacunes persistent.

Des accomplissements dans les domaines de l’éducation, la santé, la nourriture et la nutrition, les logements, la sécurité, l’eau et les sanitaires sont nombreux.

Cependant, l’UNHCR manque de moyens pour adresser les points cruciaux suivants :

  1. Les routes, dans un très mauvais état, compliquent le transport des équipements, du personnel et des réfugiés entre les camps
  2. Les camps manquent d’eau, de nourriture et de provisions pour satisfaire les besoins de tous (sans financement supplémentaire, il n’y aura plus assez de nourriture dès novembre 2018)
  3. Il y a un grand manque d’infrastructures, à tous les niveaux : salles de classes, logements pour les réfugiés, bureaux et logements pour le personnel, latrines et douches, électricité, poste de police pour maintenir la sécurité, pont entre les deux camps pour faciliter les déplacements…
  4. Les moyens de communications sont très mauvais (ligne téléphonique, internet) et à remplacer
  5. Manque de financement pour effectuer un suivi et des études au sein de la communauté

Afin de mener à bien le plan d’action pour les réfugiés en Zambie et de combler ces lacunes, les agences onusiennes et ONG ont un besoin de financement de 74,2 millions $.

Dernière mise à jour le : 24 mai 2018
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